Le masque portait mes rêves.
Il y a eu un temps où j’ai été attirée…
non pas par ce que je voulais être,
mais par une image bien huilée
de ce que je croyais devoir devenir.
Elle était belle,
elle créait,
elle portait un projet.
Elle brillait juste ce qu’il faut pour séduire mes failles.
Mais dans l’arrière-coulisse,
derrière les flyers et les photos,
vivait une colère non digérée,
un rejet profond du masculin,
une solitude masquée sous les postures de yoga.
Et moi, j’ai vu.
J’ai vu que ce que j’appelais “inspiration”
était parfois un vieux masque repeint aux couleurs du désir.
Un déguisement sophistiqué, cousu avec les fils de mon ancien monde.
Et j’ai compris :
ce que je voulais incarner ne pouvait pas naître d’un masque.
Ce que je cherchais en elles n’était pas elles.
C’était moi.
Moi,
dans ma version brute.
Moi,
dans l’incarnation nue.
Moi,
sans colère retenue,
sans masque utile,
sans projet pour fuir.
Alors j’ai dit merci à ces femmes-miroirs.
À ces reflets du rêve mal ajusté.
Et j’ai repris mon fil.
Pas pour créer un projet.
Mais pour me tisser moi-même.