Trois femmes, un triangle, un non qui est un oui du cœur.
Elles sont venues, tour à tour,
parées de grâce, d’ordre, de douceur.
Trois visages du féminin blessé,
trois voix qui disaient : “Regarde comme je suis ce que tu veux être.”
Isis, la haute, la mentale, la solaire,
parlait de l’Un avec les mots du contrôle.
Son yoga montait, mais ne descendait plus.
Elle avait le verbe, mais pas le ventre.
Elle brillait fort… pour ne pas sentir l’ombre.
Diane, la douce, la mère au cœur fermé,
faisait des relaxations pour enfants,
tout en les nourrissant de ses colères muettes.
Elle murmurait la paix pendant que son corps criait.
Elle prenait soin… sans s’aimer elle-même.
Athéna, la droite, la claire-obscure,
même date que ma mère, même boucle d’avant.
Son yoga, c’était une méthode : fais-ci, respire-ça.
Mais dans ses yeux, une tempête contenue.
Et dans son cœur, un désert qu’elle nommait sagesse.
Trois femmes, trois mirages.
Et moi,
j’ai voulu y croire.
Un temps.
Puis j’ai vu.
J’ai vu ce que je ne voulais plus porter.
J’ai vu ce que je ne voulais plus projeter.
J’ai vu ce que je ne voulais plus incarner.
Alors j’ai dit non.
Pas contre elles.
Pour moi.
J’ai déchiré le livre.
J’ai regardé l’enfant que je suis.
J’ai pris ma colère dans mes bras.
Et j’ai respiré mon propre souffle.
Je ne suis pas le yoga qu’on enseigne.
Je suis le souffle qui tremble.
Je suis la femme qui danse.
Je suis la vivante qui dit oui… sans masque.
Et maintenant que le bal se termine,
que l’ordre se dissout comme il est venu,
je regarde la scène
avec amour-compassion.
Car malgré les apparences,
malgré les dissonances,
chaque essence a eu un rôle :
remettre ma vie à mon diapason.
À ma vivance.